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Discriminations faites aux jeunes mamans, en êtes-vous victime et si oui que faire ? 

38% des discriminations à l’emploi dénoncées par des femmes sont liées à la grossesse et à la maternité. C’est un problème qu’en tant que maman, je ne peux pas tolérer. Aucune raison ne peut justifier qu’un événement perçu comme « heureux » dans la société soit considéré comme négatif dans la sphère professionnelle. Et pourtant, c’est une réalité qui ne touche pas moins d’une travailleuse sur quatre de manière directe ou indirecte.

  • Qu’est-ce qu’une discrimination ?

Repérer un traitement inégal n’est pas évident. Voici une série de situations types de discriminations à l’emploi liée à la grossesse ou à la maternité :

  • Un travail vous est refusé parce que vous êtes enceinte, avez des enfants ou voulez en avoir. Après l’annonce de votre grossesse ou à la demande d’un congé parental, vous êtes licenciée ou votre contrat n’est pas renouvelé.
  • Lors de votre retour de congé de maternité, vous avez été obligée de changer de fonction ou vos opportunités de carrière (formation, promotion, …) ont diminuées par rapport à celles de vos collègues.
  • Votre employeur n’autorise que les travailleurs à temps plein à suivre des formations. Cette mesure discrimine indirectement les femmes à temps partiel par rapport aux hommes.
  • En raison de votre grossesse, vos collègues n’arrêtent pas de vous lancer des brimades sur les femmes enceintes et vous traitent de « profiteuse ».

Ce ne sont que quelques exemples, si vous avez le moindre doute sur la façon dont vous avez été traitée parce que vous êtes enceinte ou maman ou que vous voulez l’être, il est nécessaire de vous renseigner au plus vite auprès d’un spécialiste (voir point suivant).

  • Que faire si je suis victime d’une de ces discriminations ?

Le plus important à savoir, c’est que la loi vous protège contre les traitements défavorables au travail liés à votre grossesse, votre maternité ou votre désir d’enfant.  La première étape consiste à se renseigner sur vos droits, il existe un guide très complet en la matière : « Clés pour devenir parent tout en travaillant » du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale (disponible ici). Une campagne de sensibilisation « maman reste à bord » vous aidera également à trouver les réponses à vos questions. Des affiches et brochures pour votre employeurs sont également disponibles.

Ensuite, il faut collecter un maximum de documents écrits susceptibles de prouver que le traitement défavorable est lié à votre grossesse ou à votre maternité. Et ne pas attendre trop longtemps puisque le délai pour faire valoir vos droits est limité. Agir au plus vite est crucial.

Enfin, il ne faut pas hésiter à demander l’appui du service juridique de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Ce service gratuit peut aussi bien répondre à quelques-unes de vos inquiétudes, qu’essayer de résoudre un conflit à l’amiable ou de soutenir une action en justice. Il est accessible par téléphone (0800/12 800) ou par e-mail (egalite.hommesfemmes@iefh.belgique.be).  Et si vous souhaitez signaler le plus rapidement possible une discrimination, vous pouvez directement remplir un formulaire de signalement sur le site.

Si vous préférez résoudre le conflit en interne, n’oubliez pas que les personnes de confiance de votre entreprise sont susceptibles de vous aider et de vous renseigner.

  • Conseils préventifs pour éviter de subir ces discriminations.

Il est important de déculpabiliser par rapport à votre grossesse. C’est votre droit et un des plus beaux moments de votre vie. Afin de préserver de bonnes relations avec votre employeur :

  • Si vous êtes encore dans un processus de sélection pour un nouvel emploi, retenez bien que rien ne vous oblige, lors de l’entretien d’embauche, à répondre à une question à propos de votre grossesse ou votre désir d’enfant 
  • Signaler la grossesse le plus rapidement possible par courrier recommandé au plus tard 7 semaines (9 semaines en cas de grossesse multiple) avant la date présumée de l’accouchement.
  • Pour éviter tous malentendus et garder d’éventuelles preuves, il faut privilégier la communication écrite avec votre employeur et garder tous les documents officiels.
  • Dédramatiser la situation. Rappelez à votre employeur que vous restez disponible et motivée. La grossesse n’est pas une maladie. Les femmes enceintes sont parfaitement capables de répondre à un ensemble d’impératifs professionnels, et ce jusqu’à une phase avancée de la grossesse.

Vous êtes employeur ?

  • Un détail, mais qui compte : pensez d’abord à féliciter la travailleuse de l’heureux événement. Pensez aussi à la féliciter devant ses collègues, ce qui donnera le ton de la collaboration et contrera les préjugés éventuels.
  • Vous pouvez aussi mettre en œuvre des petits « plus » peu coûteux mais qui aideront la travailleuse enceinte durant la grossesse : proposer du télétravail ou des horaires de travail plus flexibles ; conférer une aide complémentaire pour l’exécution de diverses activités si nécessaire.