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La Ville s’engage contre les violences conjugales

Lors du conseil communal du 12 novembre, la Ville de Tubize s’est engagée dans la lutte contre les violences conjugales

Ayant beaucoup travaillé sur les questions d’Egalité femme-homme au Parlement wallon, j’ai déposé un point complémentaire en associant deux de mes collègues : Catherine Payen (Défi), professeure en secondaire et Marc Jonville (RC), médecin généraliste. Cette intervention a été complétée par Adriana ROCCO (PS), investie et très active au sein des FPS et du Centre de Planning familial. Une proposition commune sous l’égide de l’Echevne de l’égalité des chances, Madame Sandra Dumonceau (Ecolo), a pu être approuvée en conseil ce 12 novembre. Si vous êtes acteur au sein de la commune, n’hésitez pas à vous faire connaitre afin de recevoir toutes les informations utiles.

Le Conseil décide :

–          d’organiser, sous l’égide de l’échevinat de l’égalité des chances, une rencontre avec les différents acteurs concernés par la problématique de la violence faite aux femmes et aux hommes afin de faire un état des lieux des violences conjugales et intrafamiliales rencontrées sur le territoire de la Ville ;

–          de réunir ensuite la commission du conseil communal sur les différentes propositions reprises dans l’interpellation, à savoir :

o   analyser la convention d’Istanbul et la présenter pour adoption au Conseil communal

o   analyser la possibilité d’étendre la mission de l’Echevinat de l’égalité des chances à l’égalité femme-homme ;

o   mettre sur pied un groupe de travail avec les acteurs concernés de l’entité dont l’objectif sera d’établir un plan d’actions concrètes dont notamment d’envisager des actions dans les écoles dans le cadre de la prévention à la vie affective et sexuelle, à sensibiliser à la question des violences conjugales et intrafamiliales ;

–          de participer à la campagne des rubans blancs et mettre le drapeau communal en berne le 25 novembre en souvenir des femmes victimes de féminicides en Belgique et dans le monde

–          d’associer la zone de police Ouest Brabant wallon aux démarches visant à l’application de la convention d’Istanbul dans notre zone de police.

Voici les propos que j’ai tenus lors du conseil communal :

Suite à des actions prises par différentes communes face à ces problématiques, nous avons voulu déposer un point complémentaire. La ville de Bruxelles, la commune d’Anderlecht et de Molembeek se sont positionnées en conseil sur ces sujets. La commune de Waterloo organise une conférence sur cette thématique ce 25 novembre. La commune de Comines-Warneton a lancé une campagne « je t’aime, je t’a(b)ime » mis en place par son centre culturel. Toute une série d’associations, la police, des acteurs de terrain, du monde culturel, social, économique se réunissent autour de cette campagne. Une conférence d’ouverture avec des acteurs de terrain a eu lieu fin octobre. J’ai eu l’occasion d’y assister avec Madame Payen et nous avons vu l’engouement et la détermination de cette commune dans ce combat. La commune d’Ottignies-LLN lance un festival : « féministe toi-même » ce 13 novembre avec des ateliers et animations  pour petits et grands autour des thèmes comme le sexisme, les stéréotypes, les violences faites aux femmes…

Le 25 novembre prochain sera la journée de la lutte contre les violences faites aux femmes. Nous voulons que notre commune s’engage plus fortement face à cette problématique. En effet, le pouvoir politique communal reste encore peu impliqué. Pourtant, ces comportements ne sont pas des comportements qui doivent être considérés comme « individuels » mais comme le reflet de problèmes plus profonds de notre société et nous avons le devoir de prendre des mesures publiques pour diminuer ces violences.

Un élément clé dans la prévention de la violence à l’égard des femmes est la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes car cette violence est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les femmes et les hommes ayant conduit à la domination et à la discrimination des femmes par les hommes

Tous les chiffres font froid dans le dos :

  • en 2018, 45.000 dossiers ont été ouverts pour des violences intrafamiliales
  • plus d’une trentaine de féminicides ont eu lieu dans le pays
  • une femme sur 3 sera concernée par des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie
  • 98 % des femmes déclarent avoir été victime de harcèlement de rue.
  • une ligne d’écoute gratuite 0800.30.030 a été ouverte il y a 3 ans et a triplé son nombre d’appels pour atteindre les 9.000 appels cette année.

Concernant la Police, bien qu’une circulaire tolérance zéro ait été publiée en 2015, nous n’avons par exemple pas de personne de référence sur le sujet dans notre zone et tous nos policiers ne sont pas formés alors qu’ils sont tous à même de prendre les déclarations des victimes. Il y a alors le phénomène de victimisation secondaire qui apparait lorsqu’une victime se retrouve victime une deuxième fois car elle est face à un personnel certes bienveillant mais peu formé.

Il y a aussi un manque de visibilité des acteurs de terrains et peu de contacts entre ceux-ci : associations, médecins, gynécologues, avocats, le CPAS, AMO,… La mise en place de rencontres, de tables rondes et de formations permettrait un meilleur encadrement des victimes. D’autres acteurs de la vie communale peuvent prendre part à cette cause à commencer par la Ville elle-même mais aussi les écoles, le centre culturel,…

On sait que l’éducation est le premier vecteur d’égalité. Nous aimerions que nos écoles sensibilisent nos jeunes à plus d’égalité, aux rôles non-stéréotypés de genre, au respect mutuel et l’impact des violences conjugales.

Nous demandons que la Ville et le Conseil de police par le biais de nos conseiller(e)s de police approuvent la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, appelée « Convention d’Istanbul ». Cette convention crée un cadre destiné à favoriser la mise en place de politiques coordonnées en matière de prévention, de protection, de poursuites et de politiques intégrées (4P).

Nous demandons enfin qu’un réel Echevinat de l’égalité femme-homme soit mis sur pied avec des objectifs et des moyens financiers et qu’un état des lieux des violences rencontrées sur notre territoire soit établi avec la zone de Police. Sur base de ces constats, un groupe de travail pourra établir un plan d’actions concrètes.

 « Tant que les femmes et les filles, qui forment la moitié de la population de la planète, ne vivront pas à l’abri de la peur, de la violence et de l’insécurité quotidienne, il nous sera impossible de prétendre vivre dans un monde juste et égal. » — António Guterres, Secrétaire général de l’ONU